Un peu d’histoire #1 : Un thé après le musée ?

Un nouveau billet de Cafés de musées ? Serait-on déjà vendredi ? Non, rassurez-vous : on est mercredi et j’inaugure avec ce billet une série parallèle, irrégulière et aléatoire, de billets qui ne font pas la chronique de Cafés de musées actuels, mais qui proposent une plongée dans l’histoire de ces lieux, à partir de pépites documentaires, trouvées par hasard dans les archives.
Paris, automne 1936 : en plein Front Populaire, la pratique se répand d’aller prendre le thé après avoir visité un musée. Ce faisant, les Parisiens imitent les Anglais, qui ont pris cette habitude depuis plusieurs décennies. La visite au musée se démocratise (les chiffres de fréquentation explosent), et s’enrichit d’une facette de sociabilité – visite en famille, entre ami.e.s – que l’on poursuit lors d’un « after ». Les maisons de thé de la rue de Rivoli, à Paris, l’ont bien compris. Elle font insérer dans plusieurs revues lues par des Amateurs de musée des publicités tout à fait intéressantes.

Le thé chez Rumpelmayer, 1936

Cette première publicité vante, peinture d’Albert Guillaume à l’appui, l’ancienneté de cette tradition consistant à aller se restaurer en face du Palais du Louvre, chez René Rumpelmayer, à la Belle Epoque. Après avoir ouvert plusieurs boutiques dans le Sud de la France, le confiseur Autrichien Antoine Rumpelmayer a fondé, au 226 rue de Rivoli, le salon de thé Angelina (du nom de sa belle-fille) : un lieu fréquenté par des artistes, des écrivains, des couturiers… mais aussi de riches collectionneurs d’art comme le suggère l’image.

Le thé chez Kardomah, 1936

Cette seconde publicité nous montre combien le tea time anglais est à la mode dans les années 1930 à Paris : la grande maison Kardomah s’installe en effet rue de Rivoli, face au Louvre et aux Arts décoratifs et propose un assortiment de douceurs aux consonances british : buns, toasts, muffins et autres crumpets… Tout en prenant soin d’évoquer, outre le thé, le café, plus apprécié des Français même en milieu d’après-midi… L’ « anglicisation » n’est pas totale !

Ces deux encarts publicitaires proviennent du Bulletin de la Société des Amis du Louvre, une association groupant plusieurs milliers de riches amateurs d’art philanthropes. Ils constituent une clientèle tout à fait appréciable pour ces Cafés situés en face du musée ; ils seront ensuite les fers de lance de la création, au sein même du musée, d’un Café digne de ce nom.

 

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